Maman est folle, fiction FR3

Le téléfilm Maman est folle est le grand gagnant au palmares du Festival de la fiction TV de la Rochelle. Diffusé le jeudi 22 novembre à 20 h 55 sur France 3 (à voir absolument)
Lorsque le service public remplit sa mission, cela donne une fiction comme "Maman est folle".
Le film de Jean-Pierre Arméris raconte le survie des migrants de Calais à travers les yeux d'une mère de famille "ordinaire"-Isabelle Carré, formidable. Une fiction necessaire et salutaire.
C'est un film qui aurait dû voir le jour au cinéma et que le grand écran a rejeté. trop engagé. Trop triste. Trop génant. pensez : un film qui réhabilite l'image des migrants dont personne ne veut à Calais. Un film qui s'émeut de la criminalisation des bénévoles qui aident ces candidats à manger, trouver un abri temporaire, se laver. A se sentir encore des hommes. Un film qui montre à travers les yeux candides d'une mère au foyer de 35 ans, Sylvie (Isabelle Carré). Et son regard avide des autres, sans aucun préjugé, met en relief les barrières mentales que la société dresse entre les hommes.
Avec "Maman est folle", le réalisateur jean-Pierre Améris réalise une oeuvre singulière, qui marque longtemps.
Loin du genre de la fiction-réalité, et pourtant très documenté, son film, quatre fois récompensé au Festival de la fiction de la Rochelle en septembre dernier et prix du public au Festival international Tout écran de Genève au début du mois, touche quasiment l'onirique.
L'histoire est toute simple : Sylvie est une jeune mère de famille un tantinet dépressive et fantasque. Elle habite Calais. Un jour elle tombe en panne, sur une route déserte, avec ses enfants. Un homme , Jallal, l'aide. Quelques jours plus tard, Sylvie retrouve cet homme, sans l'avoir cherché. Il est au centre d'un rassemblement de réfugiés, qui viennent panser leurs plaies ou soigner leurs maladies de peau. Sylvie prend brutalement conscience de la réalité de ces ombres, que chacun nie. Elle commence à s'investir auprès des bénévoles. Qui paniquent un peu puisque désormais, l'hospitalité auprès des migrants est considéré comme criminelle. Et Sylvie va apprendre à ses dépens, et ceux de sa famille, que rester un être humain conscient des malheurs du monde n'est pas forcément bien perçu par le reste de la société.
Jean-Pierre Améris a eu l'idée de ce film en 2002, au moment de la fermeture du centre de Sangatte. A l'époque, un certain nombre de bénévoles de Calais ont été mis en examen pour avoir aidé les migrants. Le réalisateur, révolté, en parle avec un auteur, Olivier Adam, avec lequel il avait déjà travaillé sur le film "Poids léger". Olivier Adam a déjà longuement rencontré des adolescents, lycéens, à Calais sur cette question de l'immigration et envisage d'en faire un livre. Il en parle à Jean-Pierre Améris, qui, lui, part pour plusieurs mois à Calais et s'engage auprès d'une association de bénévoles. Parce que, comme son héroïne, "il y est bien". Il découvre des gens, venus de toute la planète, qui tentent de fuir une misère ou une guerre, et aussi ceux qui les aident. Souvent capables de beaucoup d'empathie, car eux-mêmes ont souffert, d'une façon ou d'une autre. Il demande aussi à Olivier Adam que leur héroïne commune soit une femme au foyer. "Car je me suis toujours demandé ce qu'elles pensaient, et comment elles s'occupaient une fois leurs enfants à l'école." Olivier Adam écrit un récit sombre, dur, "A l'abri de rien", un des gros succès de librairie de cet automne et qui était sur la liste des candidats au prix Goncourt. Jean Pierre Améris, en revenant de son périple calaisien, en reprend la trame. Mais avec son côté candide. Sylvie son héroïne, est une sorte de petit lutin, et certaines de ces scènes sont quasiment oniriques. A voir absolument.
Caroline Constant : cconstant@humanité.fr
Le film de Jean-Pierre Arméris raconte le survie des migrants de Calais à travers les yeux d'une mère de famille "ordinaire"-Isabelle Carré, formidable. Une fiction necessaire et salutaire.
C'est un film qui aurait dû voir le jour au cinéma et que le grand écran a rejeté. trop engagé. Trop triste. Trop génant. pensez : un film qui réhabilite l'image des migrants dont personne ne veut à Calais. Un film qui s'émeut de la criminalisation des bénévoles qui aident ces candidats à manger, trouver un abri temporaire, se laver. A se sentir encore des hommes. Un film qui montre à travers les yeux candides d'une mère au foyer de 35 ans, Sylvie (Isabelle Carré). Et son regard avide des autres, sans aucun préjugé, met en relief les barrières mentales que la société dresse entre les hommes.
Avec "Maman est folle", le réalisateur jean-Pierre Améris réalise une oeuvre singulière, qui marque longtemps.
Loin du genre de la fiction-réalité, et pourtant très documenté, son film, quatre fois récompensé au Festival de la fiction de la Rochelle en septembre dernier et prix du public au Festival international Tout écran de Genève au début du mois, touche quasiment l'onirique.
L'histoire est toute simple : Sylvie est une jeune mère de famille un tantinet dépressive et fantasque. Elle habite Calais. Un jour elle tombe en panne, sur une route déserte, avec ses enfants. Un homme , Jallal, l'aide. Quelques jours plus tard, Sylvie retrouve cet homme, sans l'avoir cherché. Il est au centre d'un rassemblement de réfugiés, qui viennent panser leurs plaies ou soigner leurs maladies de peau. Sylvie prend brutalement conscience de la réalité de ces ombres, que chacun nie. Elle commence à s'investir auprès des bénévoles. Qui paniquent un peu puisque désormais, l'hospitalité auprès des migrants est considéré comme criminelle. Et Sylvie va apprendre à ses dépens, et ceux de sa famille, que rester un être humain conscient des malheurs du monde n'est pas forcément bien perçu par le reste de la société.
Jean-Pierre Améris a eu l'idée de ce film en 2002, au moment de la fermeture du centre de Sangatte. A l'époque, un certain nombre de bénévoles de Calais ont été mis en examen pour avoir aidé les migrants. Le réalisateur, révolté, en parle avec un auteur, Olivier Adam, avec lequel il avait déjà travaillé sur le film "Poids léger". Olivier Adam a déjà longuement rencontré des adolescents, lycéens, à Calais sur cette question de l'immigration et envisage d'en faire un livre. Il en parle à Jean-Pierre Améris, qui, lui, part pour plusieurs mois à Calais et s'engage auprès d'une association de bénévoles. Parce que, comme son héroïne, "il y est bien". Il découvre des gens, venus de toute la planète, qui tentent de fuir une misère ou une guerre, et aussi ceux qui les aident. Souvent capables de beaucoup d'empathie, car eux-mêmes ont souffert, d'une façon ou d'une autre. Il demande aussi à Olivier Adam que leur héroïne commune soit une femme au foyer. "Car je me suis toujours demandé ce qu'elles pensaient, et comment elles s'occupaient une fois leurs enfants à l'école." Olivier Adam écrit un récit sombre, dur, "A l'abri de rien", un des gros succès de librairie de cet automne et qui était sur la liste des candidats au prix Goncourt. Jean Pierre Améris, en revenant de son périple calaisien, en reprend la trame. Mais avec son côté candide. Sylvie son héroïne, est une sorte de petit lutin, et certaines de ces scènes sont quasiment oniriques. A voir absolument.
Caroline Constant : cconstant@humanité.fr

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