lundi 12 novembre 2007

Témoin

"L'argent est devenu la valeur de référence au détriment de l'être humain. Il faut arrêter de consommer sans fin et apprendre à partager." *Robert Renucci : Convergence nov 2007.

Les relations humaines ne se réduisent pas à l'échange financier. Le don, le "contre-don", la solidarité ou le partage ne sont pas obligatoirement liés à l'argent. Des discours récurrents nous disent d'être décomplexés par rapport à ça. Je reste d'avis que l'argent est un moyen et pas une finalité. Dans le cadre d'une association, l'argent joue forcément un rôle, mais le but est de transformer en biens qui peuvent être partagés.
La publicité qui est faite autour d'une personne connue donne un éclairage médiatique à une association. mais pour moi, il importe de recentrer sa participation sur l'humain. C'est pour cela que lorsque je suis en tournée au théâtre en France, je vais rencontrer les comités du Secours populaire et passer un moment avec les bénévoles et aussi des bénéficiaires. C'est important pour eux et pour moi aussi car c'est un échange qui permet d'entendre des mots différends, de mieux connaître les situations…
Il faut éviter d'être manichéen lorsqu'on parle d'argent. Mais je trouve qu'il est de plus en plus souvent un objet d'aliénation. Quand on incite à consommer, à tout changer régulièrement autour de soi, simplement pour consommer, relancer indéfiniment la croissance ou faire tourner les banques, c'est insupportable. C'est doublement insupportable, car les 20 % les plus riches de l'humanité consomment déjà 80 % des ressources. Consommer encore plus, c'est grignoter les 20 % qui permettent de survivre à 80 % de la population mondiale. Cela pose aussi la question de l'avenir sur la planète avec les déforestations massives, les modifications admosphériques graves… C'est un point de vue iconoclaste, mais je crois qu'il vaut mieux arrêter de consommer et mieux partager.
L'étude du rapport entre soi et les autres, la capacité à nommer les choses donnent, en retour, une grande valeur à l'individu.
Je crois beaucoup à la solidarité, entre associations aussi, sur des idées de sauvegarde de la dignité humaine et sur la culture. Lorsque que l'on n'a plus rien, l'imagination est ce qui permet encore de retrouver de la force. C'est aussi un moyen de ne pas être une simple proie pour la publicité ou les médias. L'entrée dans la culture permet l'émancipation individuelle. C'est ce chemin là qui est important.

*Comédien et réalisateur, Robin Renucci est membre du comité national du SPF, et n'hésite pas à mettre la main à la pâte en vendant des billets de Don'actions, par exemples. Attaché à la culture et à l'éducation populaire, il anime les ateliers Aria (Association des rencontres internationales artistiques) depuis 1998.


Aucun commentaire:

Powered By Blogger