lundi 24 décembre 2007

La fin programmée du repos hebdomadaire le dimanche



Origine du repos dominical

Il y a cent ans, le 13 juillet 1906, la loi sur le repos hebdomadaire était promulguée. Elle accorde aux salariés de l'industrie et du commerce un repos de 24 heures après 6 jours de travail. L'article 2 de la loi fixe ce repos hebdomadaire au dimanche. Robert Beck, auteur d’"Histoire du dimanche : de 1700 à nos jours" (Les Editions de l'Atelier, 1997) et professeur au Centre d'histoire de la ville moderne et contemporaine (CEHVI) à l'université de Tours, revient sur la loi de 1906 et son devenir. >Suite…





« Le dimanche, un jour différent »

Commerce . Sénateurs et députés de l’UMP ont voté la banalisation du travail dominical dans les magasins d’ameublement, alors que le Conseil économique et social vient de battre en brèche plusieurs argumentaires de la droite sur le sujet.

« Ni catho, ni réac. Ni flemmarde, ni nantie… Juste envie de faire des balades avec mes amis. » Vendeuse pour une enseigne d’ameublement dans une zone commerciale, Sophie en a marre de justifier son refus de bosser le dimanche, marre d’expliquer pourquoi elle refuse de « travailler plus pour gagner plus », comme dit l’autre. « En imaginant que mon salaire soit majoré, je vais au max gagner 150 euros de plus par mois… Ça ne va pas révolutionner ma vie », confie cette Marseillaise bientôt trentenaire qui vit toujours chez ses parents.

Une convention collective protectrice

Sauf que, bientôt, Sophie risque de ne plus avoir le choix car le Parlement a confirmé jeudi la décision prise par le Sénat de banaliser le travail dominical pour les magasins d’ameublement. Voté dans la nuit du 13 décembre, en première lecture, par la Haute Assemblée, cet amendement au projet de loi « pour le développement de la concurrence au service des consommateurs » a été proposé par la sénatrice (UMP) Isabelle Debré, « car le secteur bénéficie d’une convention collective protectrice » avec garantie théorique du volontariat pour les salariés. Un leurre, estiment FO et la CGT, qui respectivement affirment que « les salariés ne sont jamais volontaires car ils sont toujours contraints économiquement » et que « le volontariat est une illusion tant le rapport salarié-employeur est inégalitaire ».

De son côté, le Conseil économique et social (CES) juge totalement inappropriée cette première tentative d’application de la volonté de Nicolas Sarkozy de « ne pas empêcher ceux qui le souhaitent de travailler le dimanche ». « Si on autorise l’ouverture dominicale des enseignes d’ameublement, qui proposent aussi souvent de l’électroménager, comment va-t-on justifier de ne pas franchir le pas pour les magasins d’électroménager ou les grandes surfaces qui en font 18 % de leur chiffre d’affaires ? » s’interroge Léon Salto, président d’une commission ad hoc qui a élaboré une étude sur « les mutations de la société et les activités dominicales ». Pour ce faire, le CES a auditionné sociologues, économistes, politiques locaux et nationaux, associations de consommateurs afin d’être le plus complet possible.

Présentées cette semaine, les conclusions de ce rapport sont sans appel : « Le dimanche doit rester un jour différent des autres » car il reste un « repère » social. Contrairement aux réglementations pour les restaurants, les musées ou les hôpitaux, « aucune nouvelle dérogation de plein droit n’est à envisager », soutient la commission, condamnant implicitement l’amendement sénatorial. Et alors que Laurence Parisot - qui demande d’élever à 15 le nombre annuel d’ouvertures dominicales autorisées - a argumenté sur les bénéfices pour la croissance, le Conseil économique et social a souligné qu’« aucun économiste ne s’est engagé à parler de surcroît d’activité » grâce à une banalisation des ouvertures le dimanche, le pouvoir d’achat des Français n’étant pas extensible… S’il y a assouplissement de la loi, les décisions doivent être prises « au plus près des territoires » pour assurer leur cohérence, ne pas fragiliser le tissu existant des petits commerces et « assurer l’intérêt manifeste du consommateur ». Le CES se montre ainsi prêt à accepter jusqu’à huit ouvertures dominicales par an dans le cas où l’impact sur l’activité est « positif » et où cela favorise l’idée de « faire société ensemble », notamment en période de fêtes. À condition que l’employeur respecte le volontariat de ses salariés, par exemple dans le cadre d’un accord d’entreprise.

Intégrer les primes du dimanche dans la rémunération

Ne pas pénaliser le consommateur tout en protégeant le salarié pressurisé par une rémunération à trois chiffres… Une délicate alchimie qui était en passe d’être réalisée à Franconville, dans le Val-d’Oise, à en croire le syndicat FO en négociation avec Ikea. « Nous avions obtenu d’intégrer les primes du dimanche dans la rémunération pour que les salariés amenés à ne pas travailler le dimanche n’y perdent pas », a relaté Serge Legagnoa, secrétaire général de la fédération FO du commerce. « En échange, nous nous engagions à abandonner les astreintes » qu’Ikea était condamné à payer pour avoir ouvert de nombreuses fois ses magasins sans autorisation. « Tout a capoté » avec l’adoption au Sénat de l’amendement sur les ouvertures dans l’ameublement.

Christelle Chabaud

Le Monde 19/12/2007

Le Nouvel Observateur 14/12/2007





Amendement ConfoKea : le parlement a voté l'amendement ConfoKea

Au doigt et à l'oeil : voilà un amendement présenté au Sénat le 13 décembre 2007, validé par la Commission Mixte Paritaire le 18, et votée par le Sénat le 20. Et on se plaint des lenteurs administratives françaises ?!?

Une fois de plus, les députés se sont conduits en banale chambre d'enregistrement, acceptant de se prêter à cette manipulation extraordinaire : un amendement de commande, sans aucun rapport avec le projet de loi auquel il a été rattaché, bousculant l'agenda social, présenté avec des arguments gravement erronnés (l'histoire de la convention collective qui serait protectrice), traité en urgence sans que rien ne le justifie d'autre que les intérêts des enseignes condamnées, et usant d'un artifice de procédure pour le sortir du champ d'application de la loi sur la modernisation du dialogue social, se contentant de "faire droit aux attentes de patrons voyous qui, depuis des années, violent la loi sur le repos dominical". Indéfendable.


Amendement ConfoKea : petites magouilles entre amis

Dans la nuit du 13 décembre 2007 était proposé au Sénat par la belle-soeur de Bernard Debré, un amendement visant à autoriser l’ouverture dominicale des établissements de commerce de détail d’ameublement.

Le Sénat a adopté cet amendement scandaleux. On reste sans voix devant cette soumission apparente des plus hautes instances de l’Etat à la puissance des lobbies marchands, transformant la démocratie en un théatre abject. Démonstration


CGT


Lutte Ouvrière

PÉTITION sur le site "Le travail du dimanche"





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