La politique de civilisation

À l'occasion de ses premiers voeux aux français, Nicolas Sarkozy, qui devait être le "président du pouvoir d'achat" et qui est en réalité le président de la régression sociale, a annoncé que 2008 marquerait une nouvelle étape, pompeusement baptisée "politique de civilisation".
"Une politique de civilisation", c'est ainsi que Nicolas Sarkozy a qualifié le sens de l'action qu'il comptait entreprendre en 2008, à l'occasion de ses premiers voeux aux Français en tant que président de la république. Si les mots sont empruntés au sociologue Edgar Morin, le concept et le contenu de cette "politique de civilisation" sont eux, purement sarkozystes. Si Edgar morin visait à concilier le "double impératif d'intégration européenne et de maintien de la spécificité française", pour Nicolas Sarkozy, il s'agit au contraire d'en finir avec la spécificité française pour permettre l'intégration dans une Europe de la finance, uniquement dirigée par le principe de la "concurrence libre et non faussée".
Quant au numéro de claquettes présidentiel, consistant à recevoir au château des fonctionnaires pour saluer l'ensemble de ceux qui ont assuré la continuité du service public, dans la nuit 31 décembre, cela relève de la prestidigitation : détourner l'attention en faisant minede s'intéresser aux fonctionnaires pour mieux casser la fonction publique ensuite.
Car c'est cela la "politique de civilisation" que mène le chef de l'État depuis sa prise de fonction : transformer profondément la société française, la faire rentrer dans le rang des normes libérales. Nicolas sarkozy parle de l'année 2007 comme une année de l' "urgence". Ce fut en réalité l'année du traitement de choc ultralibéral et conservateur.
L' "urgence du choc fiscal et social pour rétablir la confiance et soutenir l'activité", c'est 15 milliards d'euros de cadeaux aux plus aisés et au patronat, un bouclier fiscal qui permet aux plus riches de voir leurs impôts diminuer de manière spectaculaire. l' "urgence de réformer les régimes spéciaux, de libérer et de réhabiliter le travail", c'est de faire passer cheminots, électriciens et gaziers pour des privilégiés, des nantis et des paresseux et casser le système de retraite avant de s'attaquer au régime général, aller vers 41, 42 puis 45 annuités pour tous. L'allongement de la durée du travail, c'est également la défiscalisation des heures supplémentaires au plus bénéfice de patronat. Et dans la hotte du président, rien de moins que la fin de la durée légale du travail. L' "urgence du service minimum", c'est de limiter le droit de grève? D'abord dans le secteur des transports puis dans celui de l'éducation nationale. L' "urgence du traité simplifié pour débloquer l'Europe", c'est de s' asseoir sur le vote "non" des français au TCE, le 29 mai 2005, pour faire adopter le même texte sans référendum. L' "urgence de l'autonomie des universités", c'est de privatiser l'enseignement supérieur et de mettre les facultés en concurrence. Quant à l' "urgence du pouvoir d'achat", c'est de ne rien faire si ce n'est aux salariés de "monétiser" leurs jours de RTT, et refuser d'augmenter les pensions autant qu'elles devraient l'être. Quant à l'urgence de faire cesser le scandale des centaines de SDF qui meurent chaque année dans les rues, le chef de l'État n'en a soufflé mot.
La "politique de civilisation" de Nicolas Sarkozy n'est en réalité qu'une politique de classe au service des plus riches. À l'occasion de l'hollywoodien voyage en Égypte du président de la République et de sa nouvelle compagne, financé par le milliardaire Vincent Bolloré, le député socialiste Arnaud Montebourg s'est interrogé sur "la contre-partie que M Bolloré, homme d'affaires rusé, est en droit d'attendre de la République". La contre-partie existe : il s'agit tout simplement de la politique que mène Nicolas Sarkozy.
Dans ce contexte, la responsabilité de gauche dans son ensemble est engagée. Elle ne peut rester engluée dans la situation crée par l'élection présidentielle. Si ses diverse composantes doivent effectivement prendre le temps d'analyser les raisons de la cuisante défaite de 2007, il s'agit également de passer à la contre-offensive politique et idéologique. Faute de quoi les mouvements de résistance à la politique du gouvernement risquent d'aller dans le mur et de tourner en révoltes sans lendemain. L'une des premières étapes de cette contre-offensive passe bien évidement par les élections municipales. Nicolas Sarkozy a clairement fait comprendre qu'il attendait de cette nouvelle séquence électorale qu'elle valide l'adhésion des français à sa politique. Les directions des partis de gauche relèveront-elles le défi ? Rien n'est moins sûr. Ainsi la LCR semble être uniquement obnubilée par sa transformation en "parti d'Olivier Besancenot"? Du côté du PCF, fragilisé par la mauvaise performance à la présidentielle le risque est de se repler sur les débats internes. Enfin une partie de l'état-major du PS rejoue les vieilles lunes de l'ouverture au centre, et prend le risque de la division dans de nombreuses municipalités communistes, notamment en Seine-Saint-Denis.
Stéphane Sahic
ssahuc@humadimanche.fr
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"Une politique de civilisation", c'est ainsi que Nicolas Sarkozy a qualifié le sens de l'action qu'il comptait entreprendre en 2008, à l'occasion de ses premiers voeux aux Français en tant que président de la république. Si les mots sont empruntés au sociologue Edgar Morin, le concept et le contenu de cette "politique de civilisation" sont eux, purement sarkozystes. Si Edgar morin visait à concilier le "double impératif d'intégration européenne et de maintien de la spécificité française", pour Nicolas Sarkozy, il s'agit au contraire d'en finir avec la spécificité française pour permettre l'intégration dans une Europe de la finance, uniquement dirigée par le principe de la "concurrence libre et non faussée".
Quant au numéro de claquettes présidentiel, consistant à recevoir au château des fonctionnaires pour saluer l'ensemble de ceux qui ont assuré la continuité du service public, dans la nuit 31 décembre, cela relève de la prestidigitation : détourner l'attention en faisant minede s'intéresser aux fonctionnaires pour mieux casser la fonction publique ensuite.
Car c'est cela la "politique de civilisation" que mène le chef de l'État depuis sa prise de fonction : transformer profondément la société française, la faire rentrer dans le rang des normes libérales. Nicolas sarkozy parle de l'année 2007 comme une année de l' "urgence". Ce fut en réalité l'année du traitement de choc ultralibéral et conservateur.
L' "urgence du choc fiscal et social pour rétablir la confiance et soutenir l'activité", c'est 15 milliards d'euros de cadeaux aux plus aisés et au patronat, un bouclier fiscal qui permet aux plus riches de voir leurs impôts diminuer de manière spectaculaire. l' "urgence de réformer les régimes spéciaux, de libérer et de réhabiliter le travail", c'est de faire passer cheminots, électriciens et gaziers pour des privilégiés, des nantis et des paresseux et casser le système de retraite avant de s'attaquer au régime général, aller vers 41, 42 puis 45 annuités pour tous. L'allongement de la durée du travail, c'est également la défiscalisation des heures supplémentaires au plus bénéfice de patronat. Et dans la hotte du président, rien de moins que la fin de la durée légale du travail. L' "urgence du service minimum", c'est de limiter le droit de grève? D'abord dans le secteur des transports puis dans celui de l'éducation nationale. L' "urgence du traité simplifié pour débloquer l'Europe", c'est de s' asseoir sur le vote "non" des français au TCE, le 29 mai 2005, pour faire adopter le même texte sans référendum. L' "urgence de l'autonomie des universités", c'est de privatiser l'enseignement supérieur et de mettre les facultés en concurrence. Quant à l' "urgence du pouvoir d'achat", c'est de ne rien faire si ce n'est aux salariés de "monétiser" leurs jours de RTT, et refuser d'augmenter les pensions autant qu'elles devraient l'être. Quant à l'urgence de faire cesser le scandale des centaines de SDF qui meurent chaque année dans les rues, le chef de l'État n'en a soufflé mot.
La "politique de civilisation" de Nicolas Sarkozy n'est en réalité qu'une politique de classe au service des plus riches. À l'occasion de l'hollywoodien voyage en Égypte du président de la République et de sa nouvelle compagne, financé par le milliardaire Vincent Bolloré, le député socialiste Arnaud Montebourg s'est interrogé sur "la contre-partie que M Bolloré, homme d'affaires rusé, est en droit d'attendre de la République". La contre-partie existe : il s'agit tout simplement de la politique que mène Nicolas Sarkozy.
Dans ce contexte, la responsabilité de gauche dans son ensemble est engagée. Elle ne peut rester engluée dans la situation crée par l'élection présidentielle. Si ses diverse composantes doivent effectivement prendre le temps d'analyser les raisons de la cuisante défaite de 2007, il s'agit également de passer à la contre-offensive politique et idéologique. Faute de quoi les mouvements de résistance à la politique du gouvernement risquent d'aller dans le mur et de tourner en révoltes sans lendemain. L'une des premières étapes de cette contre-offensive passe bien évidement par les élections municipales. Nicolas Sarkozy a clairement fait comprendre qu'il attendait de cette nouvelle séquence électorale qu'elle valide l'adhésion des français à sa politique. Les directions des partis de gauche relèveront-elles le défi ? Rien n'est moins sûr. Ainsi la LCR semble être uniquement obnubilée par sa transformation en "parti d'Olivier Besancenot"? Du côté du PCF, fragilisé par la mauvaise performance à la présidentielle le risque est de se repler sur les débats internes. Enfin une partie de l'état-major du PS rejoue les vieilles lunes de l'ouverture au centre, et prend le risque de la division dans de nombreuses municipalités communistes, notamment en Seine-Saint-Denis.
Stéphane Sahic
ssahuc@humadimanche.fr

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